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YVES NZALE COORDONNATEUR DU REGROUPEMENT DES DIPLOMES SANS EMPLOI : « La question de l’emploi n’est pas prise au sérieux par l’Etat »

M. Yves Nzalé,  coordonnateur du  Regroupement des Diplômés Sans Emploi (Rdse) est monté au créneau pour attirer l’Etat sur la situation des diplômés sans emploi en cette période de Covid-19. Selon M. Nzalé, la question de l’emploi n’est prise au sérieux par l’Etat.

 « Evaluer la politique d’emploi au Sénégal est à la fois difficile et complexe mais tout ce qu’on dire, il y a de bonnes choses que nous saluons, de la même manière, nous avons fustigé le fait que la question de l’emploi n’est pas prise au sérieux par l’Etat du Sénégal. Je vous renvoie juste au budget du ministère de l’emploi, on ne peut pas avoir un pays où il y a 65% de jeunes et les 40 ou 50% sont les demandeurs d’emploi. Et  rien n’est fait pour ces jeunes. Il faut que la politique d’emploi  correspond au besoin et implique les véritables concernés. On ne peut pas régler les problèmes des jeunes sans les associer », a laissé entendre M. Nzalé au cours de son face à face avec la presse.

Selon M. Nzalé, la politique d’emploi peut être vue sur plusieurs angles. Il a tenu à magnifier le  conseil national pour l’insertion des jeunes mis en place par le Chef de l’Etat dont ils attendent du concret.

Il estime que chaque année, c’est 300 000 demandeurs d’emploi  qui arrivent sur le marché  et moins de 100 000 personnes trouvent un emploi. Ce qui veut dire selon lui 200 000 demandeurs d’emploi insatisfaits.

« La situation des demandeurs d’emploi n’a pas changé, elle s’est juste empirée avec la Covid-19. Vous n’êtes pas sans savoir qu’il y en a des gens qui avaient des emplois et qui sont en train de le perdre ou bien, ils l’ont déjà perdu. Il n’y a plus de nouveaux emplois, c’est-à-dire ceux qui étaient là avant la covid et qui n’avaient d’emploi, ils n’ont aucune possibilité d’avoir un emploi et ceux qui avaient un emploi aussi, ils sont en train de perdre leur emploi, donc, ils ne font que renforcer nos effectifs », renchérit M. Nzalé.

Il a tenu à préciser que la pandémie a un impact au niveau des demandeurs d’emploi.

« C’est une situation très difficile, très déplorable et malheureusement face à cette situation,  nous n’avons pas l’accompagnement de l’Etat parce qu’il y a le fonds force covid mis en place et on a donné à toutes les couches sociales du Sénégal sauf aux chômeurs, aux demandeurs d’emploi. C’est comme si ces gens-là ne font pas partie du Sénégal. On ne peut pas comprendre qu’on accompagne ceux qui ont du travail et vous n’accompagnez pas ceux qui cherchent du travail. C’est cette incohérence dans les politiques publiques que nous ne cessons de dénoncer et de fustiger », dira M. Nzalé.

Ils demandent à l’Etat  le parachèvement des autres recrutements qui sont en attente.

« Ce que nous attendons de l’Etat, c’est l’ouverture des professions libérales (huissiers, notaire,  barreau, pharmacie). Il ne faut pas que les gens continuent à verrouiller ces professions  libérales Nous demandons un financement pour les jeunes détenteurs de projets parce qu’on ne peut concevoir que des jeunes veulent faire l’entreprenariat et qu’ils n’ont pas de financement », conclut M. Nzalé qui estime que leur structure compte  7000 membres répertoriés.

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