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THIERNO NDIAYE SUR LA RÉBELLION DES JEUNES CONTRE L’INSTAURATION DU COUVRE-FEU : «Le regard doit être plus profond…»

Les gens doivent essayer de comprendre les sources de la rébellion de ces premiers jours de couvre-feu des jeunes dans certains populeux de Dakar. Si d’aucuns pensent que c’est à cause la promiscuité dans certaines maisons très exiguës, pour d’autres la pauvreté et l’aspect économique sont les faits majeurs. Ainsi au cours d’un entretien, M. Thierno Ndiaye en appelle à un regard beaucoup plus profond de la réaction des jeunes suite à l’instauration du couvre-feu.

Thierno Ndiaye, responsable politique de l’Alliance pour la République (Apr), et président du Mouvement «And Defar Sunu Gokh Fass-Colobane-Gueule-tapée », n’a pas mâché ses mots hier, en ce qui concerne la rébellion des jeunes, après les mesures de couvre-feu et d’état d’urgence décrétées par le chef de l’État Macky Sall.  Ce dernier a un regard beaucoup plus profond, qui dépasse même celui du politicien sur cette question lancinante. Ce regard tourne sur deux aspects. Il s’agit de la pauvreté et de l’économie. Pour lui, si aujourd’hui, il y a ce retour, c’est parce que le chef de l’État a écouté non seulement les autorités sanitaires, mais qu’il a pensé protéger les Sénégalais, surtout les populations vulnérables. D’après M. Ndiaye, le laxisme et le relâchement de certaines populations pour le respect des mesures barrières, ont fait progresser aujourd’hui, le taux de contamination qui est arrivé jusqu’à 12, 13 %. «Nous ne pouvons plus continuer à aller dans ce sens, même si la mesure suscite l’inquiétude et le désarroi», a-t-il déclaré. Avant de rappeler que les populations qui sont les plus impactées par cette décision, vivent d’une certaine paupérisation et d’une pauvreté extrême. Dans tous les quartiers où il y a une rébellion, explique-t-il, «le taux d’urbanisation» est très élevé et la «promiscuité» très importante. « Dans ces quartiers, tu peux entrer dans un immeuble de location, tu vois des ménages, un couple, ou le père de famille, sa femme et plusieurs enfants partagent la même chambre. Ce qui pose un problème de promiscuité. Ces gens-là, si vous leur dites à 21 heures vous devez aller vous coucher, il y a problème », a-t-il notifié.

L’aspect économique

À part la question de la pauvreté, le responsable politique de l’Apr a soulevé également le problème économique dans ces quartiers populeux (Médina, Usine Niary Tally, Grand-yoff, Pikine, Fass…), où beaucoup de familles ont arrêté de cuisiner la nuit. D’après lui, la plupart de l’activité se passe dans la nuit. Les gens sortent pour aller chercher à manger dans la gargotière d’à côté, chez le vendeur de sandwiches, la dame qui vende du couscous. Ce qui fait qu’aujourd’hui, selon lui, «si on dit à 21 heures toutes ces activités doivent cesser, cela pose inéluctablement des problèmes de survie». Avant de rappeler que ces actes de rébellion ne sont pas une «défiance» par rapport à l’autorité ou un «rejet systématique» de la loi. «Mais il faut voir, plutôt dans ces actes-là, le désespoir des gens qui n’ont pas d’autres revenus et qui ne savent pas où aller», lance-t-il. Ce dernier a fait part par ailleurs, que l’État ne peut plus procéder à l’accompagnement, comme il a eu à le faire l’année dernière avec la première vague de la Covid-19. Pour éviter d’arriver à une situation beaucoup plus difficile, il appelle le chef de l’État à mettre fin à ces mesures. S’agissant des jeunes qui se rebellent, il les appelle à la raison, parce que, précise-t-il, «le couvre-feu est temporaire». « Le Président Macky Sall n’a aucun intérêt à contraindre les Sénégalais dans la pauvreté. Son rôle, c’est de les protéger. Ce que doivent comprendre les gens », a rassuré Thierno Ndiaye.

« La collecte de fonds du  parti Pastef en période de Covid-19, source de réflexions »

La collecte de fonds du Parti Pastef continue à faire couler beaucoup de salive. Pour le président du Mouvement «And Defar Sunu Gokh», cette collecte de fonds en cette période de Covid-19, où la diaspora sénégalaise vit des moments sombres, peut-être «source de réflexions». Du fait que, bien avant la pandémie, les transferts de fonds venant des migrants avaient chuté. Et ces derniers vivaient dans des difficultés et ne parviennent plus à envoyer de l’argent à leurs familles. «Et si aujourd’hui, les responsables nous disent que ces émigrés ont pu cotiser des millions de francs Cfa en quelques heures, cela peut susciter des interrogations», a-t-il signalé. Avant de préciser : «cela ne veut pas dire que c’est suspect». Il reste maintenant, selon lui, à la loi de faire des investigations. «Si Pastef n’a rien à se reprocher et s’il sorte la liste de ses donateurs qui sont tous de nationalité sénégalaise, il n’y aura aucun problème. Mais, si le contraire s’impose, il doit répondre aux dispositions de la loi », rappelle M.  Ndiaye. Il a salué aussi, le rappel du ministre de l’Intérieur aux dispositions de la loi qu’il juge légitimes. « le Pastef est un parti politique reconnu par le ministère de l’Intérieur. Et a des devoirs et des droits. S’il veut maintenant, que nous respectons ses droits, il faudrait qu’il se conforme à ses devoirs. Tant qu’il respecte les dispositions de la loi, tant que ce sont des Sénégalais identifiables qui participent au financement du parti, je ne pense pas qu’il doit avoir problème. Maintenant, s’il y a des étrangers, des sources de financement qui sont bannies, le Pastef doit faire face à ses obligations », a conclu Thierno Ndiaye. 

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