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SCIENCES ET RECHERCHES : Vers la création d’un nouveau profil de « communicateurs scientifiques »

En Afrique, beaucoup de recherches, d’écrits et de productions scientifiques dorment dans les tiroirs des universités, Instituts et centres de recherches du fait de déficiences dans la diffusion desdits produits dans des formats accessibles aux éventuels utilisateurs (décideurs, étudiants, entrepreneurs, populations). Pour combler ce gap, un nouveau profil d’acteurs dénommé « communicateurs scientifiques » est en train de voir le jour en Afrique de l’Ouest.

Tous les pays qui ont connu le développement l’ont dû aux progrès et innovations scientifiques  qu’ils ont pu réaliser dans leur pays respectif. L’Afrique bien qu’ayant des communicateurs traditionnels, religieux et sociaux, tarde à avoir des communicateurs scientifiques pouvant promouvoir la science et l’utilisation des évidences dans les politiques publiques.  Cela fait que l’importante production des scientifiques ne fait l’objet d’une utilisation optimale pour conduire un développement durable. Ceci, constitue l’un des phénomènes qui fait que le continent noir tarde toujours à prendre son envol scientifique du fait que dans beaucoup de pays de la sous-région, en particulier le Sénégal de nombreux récits, des documents scientifiques de valeurs dorment dans les tiroirs de l’Institut fondamental d’Afrique noire (IFAN) et les Centres et Instituts de recherche, comme le CODESRIA. Parfois, s’ils parviennent même à y mettre la main, la formulation reste tellement hermétique qu’elle n’est pas accessible aux décideurs (autorités étatiques et partenaires). Cela est  à l’origine de la création de ce nouveau profil dénommé « communicateurs scientifiques » pour promouvoir la science partout en Afrique et en particulier dans les six pays partageant la mi-école du cours bilingue initiée conjointement par l’Organisation Ouest africaine de la santé (OOAS), le CRDI, COMCAHPSS et le Programme de bien-être des femmes, des nouveau-nés, des enfants et des adolescents (WNCAW). À partir de là, ces communicants scientifiques sont appelés à construire le « pont » devant rapprocher les producteurs du savoir et les utilisateurs dudit savoir. « Ils vont capturer ce savoir, le présenter dans un format digeste du fait de son intelligibilité au niveau des décideurs. Cela  constitue un challenge », a expliqué Dr Samba Cor Sarr, membre  du Comité des conseillers du projet de recherche développement sur la santé de la femme, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent. Dans ce sens toujours, un plaidoyer pour soutenir ce programme sous-régional est enclenché afin d’encourager ce processus permettant une meilleure utilisation du potentiel existant dans notre environnement. En outre, il permettra du coup de combler un gap qui a toujours existé entre les chercheurs et les décideurs en matière de gestion de la santé de nos communautés. Mais surtout, il permettra aux « gisements de savoirs » qui sont dans les bibliothèques, chez les chercheurs et autres scientifiques d’être mis en exergue pour accompagner le processus de développement économique et social de notre continent. Une raison de plus pour Dr Sarr de préciser que l’initiative de former des acteurs des institutions publiques est venue à son heure, parce que « comblant un gap » qui a toujours constitué un ralentisseur dans l’utilisation des évidences dans les politiques et pratiques de développement.

 Les chercheurs étant toujours dans leur processus de production de connaissances, voient du mauvais œil la non utilisation de leurs produits fruit d’un investissement intellectuel et financier important.

Dr Samba Cor Sarr a profité de l’ouverture officielle de la cérémonie pour encourager l’ensemble des patients à cette école de mi-année à mieux suivre avec assiduité et engagement ce qui se fait pour qu’à la fin de cette formation qu’on puisse former une masse critique par rapport à ce profil tant recherché qui est « les gestionnaires de la connaissances », pour qu’il y ait  un link permanent entre les professionnels  de santé et les scientifiques.

Idrissa NIASSY

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