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PRÉ ÉLIMINATION DU PALUDISME : 2,8 milliards F CFA pour mettre en œuvre les plans d’opération

Dans le but de renforcer la mobilisation de tous les acteurs en particulier des communautés territoriales autour de la lutte contre le paludisme au Sénégal, des plans opérationnels ont été mis en œuvre. Pour un montant de 2,8 milliards F CFA ces plans permettront aux médecins-chefs de région et aux districts sanitaires de renforcer davantage la lutte contre ce fléau et de prendre en charge les patients afin de mieux préparer l’élimination du paludisme au Sénégal.

La région de Kaolack, située au centre du Sénégal, a été choisie pour abriter le lancement de la campagne pour renforcer la mobilisation de tous les acteurs en particulier des communautés autour de la lutte contre le paludisme au Sénégal. Ce choix est motivé par le fait que la région de Kaolack fait partie des 5 régions (Kolda, Tambacounda, Kédougou, Kaolack et Diourbel) qui portent encore le fardeau du paludisme en termes de cas et de décès (72% des décès dus au paludisme) et mérite une attention particulière. Ces régions ont également la plus forte incidence du paludisme et sont les seules sur les quatorze régions à enregistrer une augmentation de l’incidence entre 2016 et 2017. Ainsi, pour mieux préparer la phase de pré élimination de cette maladie dans tout le pays, le gouvernement du Sénégal à travers le ministère de la Santé, le Programme national de lutte contre le paludisme (Pnlp) et les partenaires techniques et financiers, a décidé de mettre à la disposition les régions médicales et les districts sanitaires un montant de 2,8 milliards F CFA pour mettre en œuvre des plans opérationnels.

Une occasion pour le ministre de la Santé d’exhorter les médecins chefs de région et de districts à utiliser ces fonds avec toute la rigueur et la sérénité requise pour améliorer les indicateurs de morbidité et de mortalité du paludisme dans leurs zones de responsabilité respectives ». Comme l’hivernage constitue une période de forte transmission de cette pandémie, ce dernier compte intensifier la communication autour des communautés territoriales pour renforcer la prévention et la prise en charge du paludisme. Abdoulaye Diouf Sarr présidait la cérémonie officielle de lancement de la campagne de lutte contre le paludisme hivernage 2018, où il a invité l’Etat, les présidents de Conseil départemental, à multiplier les initiatives et à renforcer davantage la lutte contre le paludisme pour un Sénégal émergent sans ce fléau. Cette cérémonie tenue à la Chambre de commerce de Kaolack dans la salle Djime Momath Gueye, est marquée par ailleurs par la signature de convention de partenariat entre le Pnlp et la Fédération nationale des femmes rurales du Sénégal.

Ce partenariat qui a permis aux femmes rurales de recevoir pour la première fois un financement public de 14 millions F CFA pour lutter contre le paludisme, entre en droite ligne avec l’objectif de pré élimination du paludisme en 2020 qui fait l’approche communautaire une « impérieuse » nécessité. « Ce partenariat est un partenariat indélébile entre votre association et le ministère de la Santé », a dit Abdoulaye Diouf Sarr à la présidente de la Fédération nationale des femmes rurales du Sénégal, Ndiouck Mbaye Lindore. Il en a profité pour inviter l’État, les présidents de Conseil départemental à multiplier les initiatives et à renforcer davantage la lutte contre ce fléau. « Les communautés et les collectivités territoriales doivent être au cœur de la lutte contre ce fléau », a-t-il déclaré.

Appropriation des mesures de prévention et de prise en charge

En outre, le ministre de la Santé, toujours dans son réquisitoire, a lancé un appel appuyé aux communautés pour une grande appropriation des mesures de prévention et de prise en charge du paludisme avec une utilisation effective des moustiquaires imprégnées à longue durée d’action durant toute l’année. Selon lui, il faut un engagement des structures de santé à veiller à la disponibilité permanente des médicaments anti paludiques à tous les niveaux y compris celui communautaire. « Je lance un appel à la mobilisation de tous, à la mobilisation de tous les acteurs, autorités administratives, leaders d’opinions, chefs coutumiers, le secteur privé et les partenaires du développement pour faire cette campagne une réussite afin de bouter définitivement de ce pays cette maladie ». L’État du Sénégal avait distribué en 2016 plus de 8 millions de moustiquaires pendant la campagne nationale qui a couvert toutes les 14 régions.

Mise en place des stratégies de ciblage des interventions

Le Pnlp, dans le renforcement de la lutte contre le paludisme, a mis en place des actions de lutte stratégiques qui s’articulent vers le ciblage des interventions en fonction des caractéristiques épidémiologiques. Ainsi deux zones à niveau différent d’endémicité sont identifiées. Il s’agit des zones Nord d’endémicité faible où les objectifs visent une consolidation des acquis en vue d’atteindre l’élimination et le reste du pays où l’endémicité est plus importante et où l’intensification de la mise à l’échelle des interventions permettra d’assurer rapidement le renforcement du contrôle de la maladie. Les objectifs sont énormes et concernent la réduction de l’incidence et de la mortalité du paludisme d’au moins 75% par rapport à 2014. Mais aussi, il s’agit d’interrompre la transmission locale dans les districts de la zone nord.
Les quatorze médecins-chefs de région qui ont pris part à la cérémonie de lancement de la campagne de lutte contre le paludisme hivernage 2018, et ont reçu chacun un chèque pour la prise en charge des malades dans leur localité (Kolda 104 millions F CFA, Diourbel 210 millions ainsi que les autres). Une initiative saluée par Baba Ndiaye, président du Conseil départemental et Ndiouck Mbaye Lindore. « La lutte contre cette maladie ne sera belle que lorsque les poches de résistance seront éradiquées partout dans le pays, a déclaré M. Ndiaye.

Idrissa NIASSY

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