actualiteculturefait-diverssociete

PR MAME THIERNO DIENG, APRÈS LA TUERIE DE BOFFA

 

Le permis de coupe interdit dans la verte Casamance

Le ministre de l’Environnement et du Développement Durable, Pr Mame Thierno Dieng, après la tuerie de Boffa Bayotte, a fait une sortie devant la presse pour éclairer la lanterne aux Sénégalais. Selon lui, les 15 personnes tuées ne sont pas des exploitants forestiers, mais des ramasseurs de bois morts pour la vente. Il s’est prononcé également sur les mesures que l’État a prises pour solutionner cette affaire.

 

La tuerie des 15 personnes à Boffa Bayotte risque de compromettre à la fourniture du bois et ses dérivés pour le reste du Sénégal. Pour cause : le gouvernement qui veut y voir plus clair a pris la décision de suspendre transitoirement la campagne qui dure 10 mois et la délivrance de tous permis de coupe de bois dans les 3 régions administratives de la verte Casamance. Cet interdiction concerne les régions de Ziguinchor, Sédhiou et Kolda pour une période. C’est en tout cas l’annonce faite hier par le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Pr Mame Thierno Dieng, au cours d’une conférence de presse, dans l’affaire qu’il convient d’appeler la tuerie de Boffa ayant entrainée la mort de 15 personnes. Une telle mesure risque d’impacter négativement dans la fourniture du bois de chauffe et du bois d’œuvre d’autant plus que « c’est une suspension transitoire limitée dans l’espace », selon les propos du ministre de l’Environnement. Suite aux instructions données par le président Macky Sall en Conseil des ministres de réformer le Code forestier, le ministre de l’Environnement se veut d’être clair : « Il s’agit de la finalisation sans délai, en relation avec le ministère de la Justice, d’un nouveau code forestier censé durcir l’arsenal juridique de répression du trafic de bois. Ce, par le renforcement du quantum des peines encourues par les trafiquants et la création de nouveaux délits aggravés que sont le trafic international de bois et l’association de malfaiteurs portant sur le trafic de bois. En ce qui concerne toujours les mesures, le ministre de l’Environnement et du Développement durable va, à partir de mercredi prochain, poser sur la table du gouvernement le nouveau Code minier. « Un projet de loi portant nouveau code forestier trouvé, toutefois à sa lecture, contenait des lacunes très sérieuses. L’analyse approfondie a permis de découvrir que des observations pertinentes de la Cour suprême et du ministère de l’Economie et des Finances n’ont pas été intégrées ou très mal prises en compte dans la dernière mouture proposée », a détaillé le ministre Mame Thierno Dieng, tout en signalant au passage que, « l’obligation d’une relecture compte tenu de l’importance d’une bonne rédaction d’une loi de la loi de la République, pour son efficacité, sa qualité et sa cohérence ». Ces mesures concernent également le projet de décret portant organisation du ministère et de l’approche de planification et d’exécution de la politique de l’Etat en matière environnementale. Dans le même sillage, le ministre de l’Environnement a annoncé la mise sur pied d’une Cellule de contact et de veille dans le cadre de l’intensification de la lutte contre le trafic illicite de bois. Cette cellule, selon lui, est ouverte à l’ensemble des acteurs et structures composant « l’essentiel du dispositif de réaction de l’Etat », face à cette délinquance forestières, à savoir, outre, le service des Eaux et fortes, les services judiciaires, l’armée nationale, la gendarmerie et la police. Cette cellule sera aussi un instrument de coordination avancée et d’intensification de la lutte contre le trafic illicite de bois.

Bilan des sais positif sur l’étendue du territoire

Le Colonel Beydi Ba, directeur général des Eaux et forêts, prenant la parole a dressé un bilan assez satisfaisant sur la saisie de produits forestiers sur tout le territoire national. Selon lui, pour l’année 2017, entre janvier et décembre, dans les 14 régions, 3083 Procès verbaux (Pv) ont été dressés et parmi ce chiffre 2 500 ont été réglés, 207 transmis au tribunal et 315 portés inconnus. Il y a des produits saisis qui sont vendus. Ce qui fait que pour 2017, on a plus de 882, 5 millions F CFA de recettes contentieuses qui sont versés dans les caisses de l’État dont 70 % de ce montant retournent dans les communes concernées par ce trafic, dans le cadre des transferts de compétence aux collectivités locales. En dehors de cela, il y a les recettes domaniales liées à la chasse, à l’exploitation forestière, comme le charbon, dont les recettes sont fixées à plus de 1,7 milliard F CFA qui sont versés dans les caisses de l’État via les services des Eaux et Forêts. Pour la chasse, le montant versé est de 86,923 millions F CFA. Ce qui fait qu’au plus de 2,688 milliards F CFA. Concernant le bois d’œuvre, 3 985 billons (troncs d’arbres coupés par les trafiquants) ont été saisis par ce qu’on appelle la police de la forêt dans les coins les plus reculés du Sénégal, 811 planches, 285 bois d’artisanat ont été saisis également contre 4 500 quintaux de charbon, 1 452 charrettes saisies, 174 chevaux, 184 ânes, 12 véhicules qui servaient de transport de produits. Il y a également. En 2015, nous étions pour les recettes domaniales à 2, 337 milliards F CFA. Pour les contentieux, le montant s’élevait à plus de 750 millions F CFA en cette date. Ce qui fait qu’en 2015, la somme injectée dans l’économie nationale s’élevait à plus de 3, 87 milliards F CFA par ces mêmes services. Concernant 2016, les recettes contentieuses s’élevaient à presque 1 milliard F CFA (915 millions F CFA). Pour les recettes domaniales en 2016, le montant était de 2, 230 milliards F CFA. Ce qui fait un total de 3,154 milliards durant cette année. Concernant la région de Ziguinchor seulement, le recettes domaniales sont à plus de 12 millions F CFA, sans compter les produits forestiers non lignés (pains de singe, made) qui sont à plus de 115 millions F CFA. Pour le contentieux de 2017, toujours dans la même région, la somme s’élève à 27,5 millions F CFA et les produits qui ont été saisis dans cette même zone et revendus, ont généré plus de 50 millions F CFA. Ce qui fait que, pour les recettes contentieuses pour Ziguinchor, le montant est évalué à 75,9 millions dont les 70 % de cette somme. Au total la région de Ziguinchor totalise plus de 200 millions F CFA de recettes contentieuses et domaniales réunies.

 

Idrissa NIASSY

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *