POSTE : Les syndicalistes rejettent la prime de départ de 6 millions proposée aux travailleurs

Dounya 24 MD
6 Min Read

Le Syndicat national des travailleurs des postes et Télécommunications (SNTPT), le Syndicat national des agents de la Poste (SYNAP) et le Syndicat libre du groupe La Poste (SLGP), ont tenu une conférence de presse conjointe le vendredi 26 décembre 2025 sur le thème : « Le point sur la mise en œuvre des mesures issues du conseil interministériel du 1ᵉʳ septembre 2025 ». Les syndicalistes dénoncent « l’incompétence du directeur général » et rejettent la prime de départ de 6 millions proposée aux travailleurs.

M. Ibrahima SARR, secrétaire général de la SNTPT, porte-parole du jour, en lisant la déclaration, souligne : « La Poste vit aujourd’hui une crise aiguë, marquée par un quasi-arrêt de ses activités. Cette situation n’est ni fortuite ni récente. Nous avions, en temps opportun, alerté sur les dérives répétées des directions générales successives, agissant avec la complicité de syndicats jaunes, encouragées par une classe politique complaisante. Les responsabilités sont clairement établies : ceux qui ont dirigé et accompagné ces choix portent l’entière responsabilité de l’état actuel de l’entreprise ».

Il estime que le Syndicat national des travailleurs des postes et télécommunications (SNTPT), le Syndicat national des agents de la Poste (SYNAP) et le Syndicat libre du groupe La Poste (SLGP), dans le cadre d’une convergence, ont convoqué cette conférence de presse pour éclairer l’opinion nationale et attirer l’attention des hautes autorités de la République sur les graves manquements observés dans la gestion de l’entreprise et particulièrement dans la mise en œuvre du plan social en cours.

Il rajoute : « Nous apprenons enfin qu’un prétendu accord, indexé sur 30 mois, a été conclu en accord avec certaines organisations syndicales, les mêmes qui avaient pourtant avec nous rejeté la proposition initiale de 36 mois. Cette proposition prévoit, pour certaines catégories du personnel, une prime de départ de six (6) millions. Ce protocole est non seulement ridicule au regard des sacrifices demandés aux travailleurs, mais surtout dégradant, méprisant et socialement dangereux. Il traduit une vision purement comptable, déconnectée des réalités humaines, économiques et sociales. Cette proposition est une insulte à la dignité des postiers. Elle est inhumaine car elle vise à jeter des pères et mères de famille dans une précarité totale, sans aucune garantie sur l’avenir. La convergence SNTPT-SYNAP-SLGP tient à être claire : cet accord ne les lie en rien. La seule convention légalement valable à ce jour demeure celle signée en 2023 ».

Et M. Sarr de poursuivre : « Aujourd’hui la poursuite du délitement de La Poste est à mettre à l’actif de l’incompétence manifeste du directeur général. En effet, alors que d’autres sociétés nationales (Dakar Dem Dikk, AIBD, SONACOS etc.) jadis confrontées à des difficultés structurelles mais ayant bénéficié récemment de conseils interministériels, amorcent déjà un redressement jusqu’à afficher des résultats positifs, La Poste quant à elle, s’enfonce dans l’inertie. Le contraste est saisissant : là où d’autres directeurs généraux font preuve d’audace et de vision, celui de La Poste brille par son incompétence avérée ».

« Il convient de rappeler que, fidèles à l’éthique et animés du sens des responsabilités, nous avons accepté, au sein d’un collectif syndical, de négocier et signer une convention-cadre portant sur un plan de départs négociés, le 21 août 2023. Cet accord, librement consenti, visait à retrouver les équilibres de l’entreprise, à y préserver la paix sociale et à lui éviter des procédures longues et préjudiciables », précise M. Sarr.

M. Sarr souligne que contre toute attente, le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, dans le sillage du directeur général qui se targue d’en être le bras armé, s’est substitué à la tutelle financière, invoquant la situation économique du pays, et a sollicité une réduction de l’incidence financière du plan.

Il conclut : « Dans un élan patriotique, nous avons consenti un effort significatif en renonçant à 12 mois sur les 60 mois du bonus, le ramenant à 48 mois. Cette proposition avait été acceptée. Mais au moment de sa notification, elle a été totalement dénaturée. Malgré de nombreuses tentatives de clarification, force est de constater que la tutelle et la Direction générale ont choisi la voie du dilatoire et de la manipulation. Pire encore, au lieu de procéder à réaliser le bilan de compétences exigé et de rationaliser un staff pléthorique de près de 40 directeurs et assimilés, la Direction générale a produit une simulation financière opaque, validant une proposition, sans aucune transparence sur les critères de sélection des préposés au départ. Cette agitation frénétique confirme son incompétence caractérisée par son incapacité à exécuter les instructions du Premier ministre ».

Les syndicalistes soulignent que le ministre et le directeur général porteront l’entière responsabilité de toute dégradation du climat social.

Share This Article
Leave a Comment

Laisser un commentaire