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POLLUTION MARINE

 

La presqu’île du Cap-Vert en danger permanent

La pollution marine au Sénégal, surtout dans la presqu’île du Cap-Vert (Dakar), est à un niveau très élevée. Raison pour laquelle, pour mettre un terme à cette dénaturation, le gouvernement du Sénégal, à travers la Deec, a décidé de mettre en œuvre une Restitution publique sur la pollution marine au Sénégal dans le cadre de « SciencesEnsemble 2017 », en partenariat avec l’Institut de recherche pour le développement (Ird) du gouvernement français. Ce qui a permis la mise en place d’un projet pilote de démonstration sur la presqu’île dénommé « Awatox ».

La pollution marine est un sujet majeur d’actualité qui entraine de nombreuses questions sur le développement de divers secteurs économiques au Sénégal. Dans un contexte de forte pression anthropique, et de forte croissance démographique des villes littorales, des incertitudes pèsent sur ces questions, et pourraient être une entrave au Plan Sénégal émergent (Pse) si rien n’est fait. Elle touche plus largement plusieurs secteurs d’activités, la pêche et l’économie maritime, mais aussi d’autres activités économiques lié au littoral notamment le tourisme mais aussi l’industrie, l’hydraulique, le sport pour ne citer que quelques exemples. Pour apporter une solution à cette dénaturation, le gouvernement du Sénégal, à travers la Direction de l’environnement et des établissements classés (Deec) et l’Institut de recherche pour le développement (Ird) ont mis en place une approche écosystémique de la gestion des pêches et de l’environnement marin dans les eaux Ouest-africaines dénommée « Awa ». Ce projet de démonstration sur la presqu’île du Cap-Vert qui est en sa phase pilote, est une initiative tripartite Allemagne-France-Afrique sub-saharienne afin de renforcer la coopération en science et technologie, en s’appuyant sur les forces et les intérêts mutuels. Le projet AWA a pour objectif de développer une vision et les bases scientifiques pour une approche écosystémique de la gestion de la pêche et de l’environnement marin en Afrique de l’Ouest en mettant particulièrement l’accent sur les petites pélagiques. Il vise spécifiquement à évaluer, sur la presqu’île de Dakar, l’écotoxicité des sédiments, la qualité de l’eau ainsi que la présence de microplastiques et la perception par les populations riveraines de la pollution marine. Selon la Directrice de la Deec, Mariline Diara, 11 stations ont été choisies pour prélever du sable et du sédiment sur la presqu’île, surtout des zones se situant majoritairement aux sorties des effluents pour savoir le niveau de pollution et l’impact qu’il pouvait avoir sur les microorganismes et sur la qualité de façon à permettre aux décideurs de voir ce qu’il faut faire avec des actions à mener pour freiner cette pollution. « Ce projet est très porté par les populations surtout son volet sociologique qui permet aux populations de comprendre la pollution de leur zone », a-t-elle fait savoir. Avant d’ajouter : « Sa particularité est comment gérer la pollution en synergie avec différents acteurs et des structures de recherches ».

Patrice Brehmer, chercheur à l’Ird et coordonnateur du projet Awatox, prenant la parole, a fait savoir que ce projet est très important, car impliquant la société civile et le privé. « Les résultats microbiologiques obtenus durant le diagnostic sont très préoccupants. Ce qui est un danger pour la presqu’île », a-t-il déclaré. Et de poursuivre : « Cette étude va doter le Sénégal les moyens de lutter contre la pollution marine ».

Le littoral urbain très menacée

Pour le Directeur de cabinet du ministre de l’Environnement,  Cheikh Dieng, « notre littoral urbain est menacé par l’industrialisation de la ville ». Selon lui, l’impact de cette pollution dépend essentiellement de la courantologie locale, de la nature des rejets et de la fréquentation des zones impactées. « La région de Dakar qui représente 0,3% de la superficie du pays et 25% de la population nationale regroupe le plus grand nombre d’industries. Au regard de sa population et son industrialisation, cette région subit de très fortes activités anthropiques », a-t-il déclaré. Tout en annonçant que « Dakar ne dispose que d’une seule station d’épuration fonctionnelle » et « une partie des effluents rejetés dans la mer n’est pas traitée ce qui se traduit par une dégradation régulière du milieu aquatique côtier ». Le Dircab a fait savoir également qu’il est de notoriété publique que protéger les écosystèmes nationaux permet de conserver leurs équilibres pour fournir des services écosystémiques aux populations souvent difficiles à chiffrer en terme économique.

 

Idrissa NIASSY

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