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PLAIDOYER SUR LA PROBLÉMATIQUE DES POPULATIONS CLÉS : « Lilo » pour mieux relayer l’information

La lutte contre le Vih/Sida chez les populations clés constitue une lourde tâche chez les acteurs. Raison pour laquelle, l’alliance nationale de communauté pour la santé (Ancs) a organisé hier avec l’outil « Lilo » (Link in Link out) une session de plaidoyer sur cette problématique aux journalistes membres de l’Association en santé et développement.

Le Sénégal fait partie des pays de l’Afrique subsaharienne où le taux du Vih/Sida est l’un des plus faibles (0,7 %). Cette baisse drastique, est le fruit de l’ensemble des efforts accomplis par des acteurs techniques et financiers qui collent autour de cette pandémie pour réduire le taux de prévalence depuis plus d’une décennie.

« Depuis plus de 10ans le taux de prévalence est en dessous de 1%. À force de le maintenir à ce niveau et à continuer les efforts, cela s’est traduit en baisse au niveau de la population en général », a déclaré Masogui Thiandoum, Directeur technique de l’Alliance nationale de communauté pour la santé (Ancs). Ce dernier a fait savoir que la population ne doit pas oublier que « nous sommes dans un contexte d’épidémie concentrée ».

Ce qui veut dire, a-t-il déclaré, qu’« au niveau de la population en général, la prévalence est basse mais on a encore des groupes chez qui on a des prévalences de plus de 10 % et ce sont les populations clés qui en sont victimes ». Raison pour laquelle, il exhorte les acteurs à continuer d’œuvrer au niveau de ces groupes pour enrailler définitivement la transmission du Vih.

C’est ce qui est à l’origine depuis hier d’une session de plaidoyer de deux jours destinés aux journalistes de l’Association santé et développement sur « la problématique des populations clés » en collaboration avec l’outil Lilo (Link in Link out). C’est un outil qui a été mis en place par l’Alliance internationale à travers une approche pour mieux faire comprendre les journalistes les populations clés. « Il s’agit de personnes et de groupes qui sont particulièrement vulnérables aux Vih/Sida et qui sont les plus infectés au niveau de la population sénégalaise », a expliqué M. Thiandoum.

Ainsi, selon lui, il convient de faire en sorte de mieux comprendre ces populations clés, de mieux les connaitre, de savoir quels sont les comportements et les attitudes en lien avec eux et quelle est la nature des relations complexes que ces populations entretiennent avec la population en général. « Une bonne compréhension des populations clés nous permet de savoir comment on peut travailler avec eux, quels sont donc les spécificités et comment faire en sorte qu’on puisse les prendre en compte dans le cadre des services que nous leurs offrons et dans le cadre aussi des interventions et des stratégies que nous menons », a-t-il souligné.

En outre, le Directeur technique de l’Ancs a fait comprendre qu’il était important de convier les journalistes à venir comprendre cette approche pour mieux relayer les messages, mais aussi pour mieux travailler avec les populations que « nous surnommons les populations clés ». Non sans estimer qu’il est important d’avoir une démarche plus cohérente et plus adaptée aux besoins de ces populations. « C’est pourquoi l’Ancs a développé cet outil et est en train de le vulgariser au niveau de la sous-région Ouest africaine », a-t-il annoncé.

Le Sénégal s’est fixé des objectifs dans la lutte contre le Vih/Sida et selon l’Ancs, pour les atteindre, nous avons besoin de mobiliser 90 % des personnes vivant avec le Vih de les mettre sous traitement, de les retenir jusqu’à ce qu’ils aient un taux de séropositivité indictable. « Nous savons que les groupes de populations clés dans le contexte du Sénégal sont les plus infectés. On doit aller chercher les dernières personnes parmi ces groupes qui sont les plus difficiles à atteindre. Mais si nous ne comprenons les contextes les comportements et les attitudes de ces populations nous ne pourrons pas peut être atteindre toutes ces personnes-là. D’où le besoin de comprendre la complexité et l’attitude qui les déterminent ces groupes pour pouvoir offrir de services », a conclu M. Thiandoum.

Idrissa NIASSY

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