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MAMADOU DIA, GOUVERNEUR AU CONSEIL MONDIAL DE L’EAU : « Il faut des innovations dans l’approche de la distribution de l’eau aux populations »

En marge du 9éme  Forum mondial de l’eau,  l’Association Africaine de l’Eau (AAE) a organisé un panel sur la « réalisation des ODD dans le secteur de l’eau ».  M. Mamadou DIA, président du conseil départemental de Podor, président de la fédération internationale des opérateurs privés d’eau, d’assainissement, gouverneur au conseil mondial de l’eau estime qu’il faut des innovations dans l’approche de la distribution de l’eu aux populations.

 « Donc, aujourd’hui on a mis en place des délégations de services publics qui ont en charge la maintenance des ouvrages, qui ont en charge le  remplacement d’une partie des ouvrages, du matériel et ceci permet d’accéder à plus d’eau mais aussi, il faut innover, innover, qu’est-ce que cela veut dire, c’est de créer des schémas nouveaux qui permettent de faciliter l’accès aux populations, par exemple, c’est le crédit », a souligné M. Dia.

D’après M. Mamadou Dia, Quand on prend le Sénégal, et on  prend  PEMECAS, les autres organismes financiers, c’est de dire, on accède à l’eau.

« On vous dit pour avoir l’eau, il faut payer à peu près 75000F, pour avoir le branchement, il faut payer 15000F pour avoir l’abondement. Aujourd’hui, dans ces mécanismes de microfinance, il y a la possibilité de dire qu’avec 1000F, vous avez de l’eau, c’est-à-dire, vous payez 1000F pour accéder à l’eau, le reste à crédit sur une période de 2 ans, trois, quatre ans, cinq ans », dit-il.

 M. Dia rajoute : « Et là, c’est des éléments très forts pour augmenter le taux de desserte, donc augmenter l’accès à l’eau et partant participer à atteindre les objectifs de développement durable qui, en fait, seront mesurés en 2030. Je crois que c’est un élément pertinent, il faut des innovations dans l’approche de la distribution de l’eau aux populations mais il faut des  facilités financières qui permettent même aux plus vulnérables, aux plus déminus de pouvoir accéder à cette eau et participer aussi comme dans ces modes de financements à l’évolution de la  desserte, donc à l’atteinte des ODD, notamment l’ODD 6 », précise-t-il..

Toujours selon le gouverneur du Conseil mondial de l’eau, la gestion des services publics d’eau requiert beaucoup d’expertises, beaucoup de financements et aussi c’est des modes d’organisation.

« Les Etats ont plusieurs moyens, plusieurs dispositifs à mettre en place pour organiser un service d’eau. Et parmi ces moyens, l’utilisateur d’un opérateur privé mais dans des conditions bien définies dans un cadre légal bien défini, un cadre institutionnel gagnant-gagnant où les obligations de chaque partie doivent être définies , beaucoup claires avec des performances qui, parfois, ont des bonus et des malus. Les investissements  étant lourds, les performances étant aussi basses, les Etats font appel à des partenariats public-privé », souligne-t-il.

Il estime que ce partenariat public –privé permet d’utiliser un opérateur, à qui la gestion du service public d’eau est confié dans un modèle, dans un cadre institutionnel bien défini et qui permet à l’opérateur avec les gains de performances, avec l’amélioration des conditions, avec  la modernisation, les innovations d’économiser d’abord l’eau, d’améliorer la distribution et permettre d’avoir des quantités qui vont être déployées partout.

Et toujours selon M. Dia, c’est ce  qui permet d’aller vers une meilleure maîtrise de l’eau distribuée mais une  dissémination beaucoup plus grande  pour atteindre les populations et notamment dans les zones péri-urbaines. Et ceci en parfaite concertation avec le concessionnaire ou l’Etat qui est le donneur d’ordre.

«  Alors dans ces schémas, vous avez plusieurs formes, vous avez une concession où le privé, il fait tout, des investissements, tout sur une période très longue mais vous avez aussi ce qu’on appelle les affermages, c’est des périodes très courtes où il y a une obligation d’investissements partiels. Ce qui est important, c’est la capacité de dialogue entre les parties, de définir les objectifs, aujourd’hui le Sénégal s’oriente vers des délégations de services publics en milieu rural, puisque vous connaissez les problèmes des forages en panne, des problèmes de maintenance, ça ne facilite pas l’accès à l’objectif de développement durable  6 qui concerne l’eau et l’assainissement », renchérit-il.

Des difficultés notées

« Il y a des difficultés, c’est-à-dire dans certains pays, ,il y a des retards d’investissement, pour parler d’abord des objectifs, il faut qu’il ait la ressource, la ressource en eau superficielle à traiter, la ressource en eau  profonde , à faire des forages et parfois ces investissements étant lourds, ils sont faits par les Etats mais il y a souvent des retards et ces retards impacteront très rapidement l’atteinte des ODD  6 et c’est pourquoi, vois avez une différence importante entre les taux de desserte  atteint en milleu rural qui sont plus bas que les taux atteints en milieu urbain. Donc, il faut avoir une planification de la desserte maîtrisée, avoir des plans directeurs d’alimentation », conclut-il.

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