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Lutte contre le travail des Enfants : Le MAEJT mise sur les chartes de l’agenda 2040 pour réduire le phénomène

Le Mouvement Africain des Enfants et Jeunes Travailleurs (MAEJT) , en collaboration avec Enda Jeunesse action,  a organisé ce Webinar en marge de la célébration du 12 juin sur l’élimination des pires formes de travail des enfants et du 16 juin, Journée de l’Enfant africain pour à la fois marquer cette journée et sensibiliser sur la situation des enfants en Afrique. Il a aussi question d’interpeller les décideurs à tous les niveaux pour qu’ils agissent à la faveur d’une Afrique unie et solidaire dans un climat pacifié afin de faciliter la mise en œuvre de l’Agenda 2040 pour une Afrique Digne des enfants.

Considéré comme un fait normal en Afrique, le travail des enfants est souvent relié à la question de l’abus de pouvoir sur ce dernier. L’une des causes principales de ce phénomène reste le conflit.

Les causes du travail des enfants

L’Afrique sub-saharienne est la région du monde la plus touchée : 1 enfant sur 5 en Afrique est astreint au travail des enfants. Cependant ce fléau touche tous les pays, la prévalence de travail des enfants se situe entre 3% et 7% à travers e monde.

Les facteurs du travail des enfants sont multiples. Lorsque l’enfant se déplace suite à une guerre il est obligé de changer de mode de vie. La pauvreté oblige les parents à envoyer leurs enfants travaillés pour subvenir aux besoins de toute la famille, l’absence de certificat de naissance des enfants, qui ne peuvent ainsi prouver leur identité et leur âge face à une situation d’exploitation illégale, l’accès difficile à la scolarité et le système éducatif défaillant (frais de scolarité, violences à l’école ou sur le chemin de l’école, éloignement géographique) sont autant d’obstacles à l’éducation et de facteurs aggravants au travail des enfants, le faible niveau d’éducation et d’information des parents, qui ne connaissent pas l’impact négatif du travail sur leur enfant mais aussi la législation sur le travail infantile en vigueur et l’impact positif de l’éducation, l’intérêt des employeurs  où les enfants sont une main d’œuvre « bon marché ». Ils peuvent également répondre à des exigences spécifiques pour effectuer certaines tâches (mines, tissage de tapis, etc.), les crises humanitaires liées à une catastrophe naturelle ou un conflit,qui exacerbent la vulnérabilité des enfants et la transgression des législations en vigueur. Autant de facteurs sont à l’origine de ce phénomène. Le MAEJT lors de cette conférence renseigne qu’à travers l’influence de ses différents partenaires essaye d’établir une liste conformément à sa mission afin de trouver des solutions à ce problème.

La bonne gouvernance constitue une solution d’après les intervenants

Ils ont été nombreux  les  intervenants de cette conférence  à soutenir qu’une bonne gouvernance est l’ultime recours qui pourrait abolir ce fléau.

«  Nous n’avons pas le pouvoir d’agir directement » dira un des intervenants qui poursuivra son propos en exhortant les ONG et les organisations influentes à ne ménager aucun effort pour revendiquer la cause de ces enfants en tenant en se conformant aux normes de l’Agenda 2040 dont l’objectif principal est de restaurer la dignité de l’enfant africain en évaluant les réalisations et les défis rencontrés pour la mise en œuvre effective de la Charte africaine des enfants. L’Agenda, en approfondissant le paragraphe 53 de l’Agenda 2063, entend établir des stratégies à long terme qui contribueront à soutenir et à protéger les droits des enfants en Afrique. L’objectif global est d’élargir les objectifs importants et les domaines prioritaires auxquels les États membres respectifs et l’Union africaine s’engagent pour les 25 prochaines années.

 Il est soulevé lors de cette conférence la question du recrutement des enfants par les groupes armés. A ce titre, l’Agenda énonce dix aspirations solides à réaliser d’ici 2040 et fournit un bref historique avec un aperçu approfondi de questions spécifiques. Le document identifie également les mesures à prendre par les États membres pour la première période du voyage en cinq phases de 25 ans à venir.

L’Agenda 2040

La Charte africaine des enfants, telle que supervisée par le Comité africain des enfants, fournit un cadre continental efficace pour faire progresser les droits des enfants, Un cadre législatif, politique et institutionnel national efficace et adapté aux enfants est en place dans tous les États membres, La naissance de chaque enfant et les autres statistiques de l’état civil sont enregistrées, Chaque enfant survit et a une enfance en bonne santé, Chaque enfant grandit bien nourri et a accès aux nécessités de base de la vie, Chaque enfant bénéficie pleinement d’une éducation de qualité, Chaque enfant est protégé contre la violence, l’exploitation, la négligence et les abus, Les enfants bénéficient d’un système pénal adapté aux enfants, Chaque enfant est à l’abri de l’impact des conflits armés et autres catastrophes ou situations d’urgence, L’opinion des enfants africains compte.

Rencontrer ces enfants, essayer de comprendre les causes de leur implication dans ces activités qui dépassent leurs capacités

Dans un forum récent avec la CEDEAO il est sorti l’accès à la parole aux enfants pour que les acteurs humanitaires et les dirigeants sachent ce que les enfants impactés par les conflits attendent d’eux.

Elargir les services en prenant en considération les attentes exprimées par les enfants, faciliter la prise de contact et une dynamique effective entre les organisations humanitaires et la société civile avec les différentes organisations et groupes d’enfants dans les pays et sur les zones impactées par les conflits, encourager les dynamiques de groupes d’enfants, d’assistance par pairs.

« On fait Quoi ? On va Où ? »

Lors de ces conflits les enfants sont souvent obligé de quitter leur domiciles pour aller dans un endroit qu’ils ne connaissent pas. Dès lors, il n’est pas facile pour l’enfant de s’adapter étant donné son âge mais aussi son état psychologique. Il arrive qu’il se pose beaucoup de questions, la logique voudrait que la société ait réponse à ces questions. C’est dans cette dynamique que la MAEJT propose de continuer à développer des activités psychosociales, d’écoute, d’orientation, d’auto-défense, de protection entre pairs.

Dans ces conflits de crises les enfants sont également laissés à eux-mêmes. Ils ne bénéficient pas de protection adéquate ou de prise en charge d’autant que les programmes dédiés à cela sont sous-financés.

Dans cette même mouvance, les enfants sont limités par rapport à l’accès aux soins de santé, à l’éducation, à la protection de la vie mais aussi à l’épanouissement. Tant de domaines prioritaires au bon développement du cadre social et psychologique qui constituent des paramètres déterminants dans l’évolution de l’enfant.

« Politique de l’équité chez tous les enfants »


Il est sorti de cette conférence la partition que doit jouer l’enfant dans ce cas de figure. Faire comprendre à l’enfant qu’il doit imposer des limites et ne pas accepter certaines conditions. La MAEJT entend de son côté continuer dans sa lancée de tout mettre en œuvre pour installer la politique de l’équité chez tous les enfants à savoir naître et grandir dans de bonnes conditions, jouir de leurs pleins droits pour s’épanouir, tout en aidant leurs communautés à se développer harmonieusement dans la paix et dans un environnement favorable. Conformément à sa mission qui est d’informer et former les enfants sur leurs droits et mener des actions pour les réaliser. Lutter contre la pauvreté africaine et celles de ses communautés. Contribuer à développer la participation des enfants ainsi que la solidarité et la fraternité entre eux et entre toutes les populations d’Afrique. Le travail des enfants reste une question d’actualité qui prend de l’ampleur dans le monde et en Afrique. Cette situation est exacerbée par les conflits et crises multiformes, multidimensionnels et multisectoriels que connaît le continent depuis des décennies. En effet, les conflits armés, les guerres entre pays ou intercommunautaires, le terrorisme et tant d’autres actes barbares ont fini de plonger le continent dans l’insécurité totale sur tous les plans avec son lot de conséquences sur la vie des populations, notamment celle des enfants. De par leur vulnérabilité, les enfants sont exposés à des violences, à la traite, aux abus, à l’abandon scolaire, à l’exploitation de leur travail ou aux pires formes de travail, aux maladies, à la malnutrition; certains d’entre eux n’ont même pas la chance de fréquenter l’école.

152 millions d’enfants travaillent dans le monde

Selon l’Organisation Internationale du Travail, 152 millions d’enfants travaillent dans le monde. Plus de la moitié d’entre eux seraient victimes des pires formes de travail.  (Esclavage, utilisation dans les conflits armés, prostitution, tri des déchets, trafic de stupéfiants, travail dans les mines…). C’est en se basant sur ces chiffres que le MAEJT sur une note finale entend continuer le plaidoyer pour les enfants au niveau des organisations de la société civile, des autorités étatiques pour que leurs droits soient entendus et respectés. Mais également organiser des campagnes de sensibilisation et de mener des actions en faveur des enfants qui constituent l’avenir du monde.

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