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Les expropriés du TER de Dakar descendent dans la rue

Dans la banlieue de Dakar, des manifestants anti-TER arborent la couleur rouge et porte une bannière lors de leur marche de protestation, le 30 septembre 2017. Ils réclament une meilleure indemnisation pour l’expropriation de leurs maisons.

La colère des futurs délogés du Grand Dakar porte sur le taux d’indemnisations des maisons qui seront détruites par le tracé du train. Macodou Fall a 42 ans et n’a connu qu’une seule maison, celle de sa tante située au croisement du passage à niveau de la route de Niaye, dans le quartier populaire de Thiaroye, à Dakar. « J’ai grandi ici avec ma famille, mes amis et voisins, lance-t-il sur le perron. Nous avons accueilli des parents venus de loin. J’y ai tout vécu, mais aujourd’hui le gouvernement sénégalais veut la raser et je ne sais pas où l’on va aller. Nous allons devenir pauvres. J’ai peur. »

Comme des dizaines de milliers d’autres maisons, celle de Macodou est située sur le trajet du futur train express régional (TER) qui reliera dès 2019 le centre-ville de Dakar à la ville de Diamniadio (36 km). Lancé en décembre 2016 dans le cadre du Plan Sénégal Emergent (PSE), ce train à 568 milliards de francs CFA (866 millions d’euros), construit par l’entreprise française Alstom et appuyé par l’Agence de promotion des investissements et des grands travaux (APIX) a été qualifié par le président Macky Sall de « plus grand projet du Sénégal indépendant ». Il donnera naissance au Grand Dakar en permettant, à terme, de rejoindre une dizaine de gares de la banlieue, ainsi que le futur aéroport international Blaise Diagne de Diass (AIDB) à 55 km de la capitale.

« J’ai honte de mon président ! »

Comme nombre de ses voisins, Macodou ne s’oppose pas au projet sur le fond mais sur la valeur des indemnisations. « Le gouvernement n’a pas prévu de recasement pour les 250 000 personnes qui seront délogées par le chemin de fer, s’emporte-t-il. Ce projet va massacrer des familles et l’Etat s’en fiche, il ne nous propose que 19 200 francs CFA le mètre carré, en dessous du prix du marché. » C’est ce sentiment d’injustice qui l’a poussé à rejoindre le Collectif des personnes affectées par le projet TER dont il est, samedi 30 septembre au matin, le coordinateur de la première marche de contestation.

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