COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Nous, anciens travailleurs du quotidien Direct-Info, réunis en coordination solidaire, portons à la connaissance de l’opinion publique nationale et internationale, des organisations syndicales, des institutions de défense des droits humains et des autorités compétentes, la situation d’injustice prolongée que nous subissons depuis la cessation des parutions du journal le 9 octobre 2019.
En 2021, une rencontre s’est tenue entre les ex-travailleurs et M. Cheikh Amar, propriétaire du journal, à son domicile aux Almadies. À cette occasion, il s’était engagé à reprendre la gestion du journal et à régler les arriérés de salaire dus aux employés. Ces engagements, pourtant pris solennellement, sont restés lettre morte malgré nos multiples relances.
Par humanité, la section SYNPICS de Direct-Info avait suspendu toute action syndicale après l’accident de M. Cheikh Amar sur l’autoroute Ila-Touba. Ce geste de solidarité n’a reçu en retour que silence et indifférence. Depuis lors, M. Amar refuse de rencontrer les travailleurs et ne répond plus à aucune sollicitation, rompant ainsi le dialogue social qu’il avait lui-même initié.
UNE PRÉCARITÉ ORGANISÉE, UNE SOUFFRANCE SILENCIEUSE
L’absence de règlement des droits sociaux et le refus d’ouvrir une procédure de liquidation du journal ont plongé plusieurs d’entre nous dans une précarité extrême, aux conséquences humaines dramatiques :
– Expulsions locatives : plusieurs camarades ont été contraints de quitter leur logement, incapables de payer leur loyer.
– Accès aux soins compromis : faute de couverture médicale et de ressources, certains ne peuvent plus se soigner dignement.
– Détresse sociale : des familles entières vivent dans l’angoisse, la précarité et l’oubli, pendant que M. Cheikh Amar continue d’apparaître publiquement avec une aisance financière manifeste.
– Perte de dignité professionnelle : nous avons été abandonnés sans accompagnement, sans reconnaissance, sans respect pour les années de service rendues à une entreprise qui a profité de notre engagement.
DES DÉCISIONS DE JUSTICE FOULÉES AUX PIEDS
Deux de nos camarades, Mme Khadidiatou Seck Diouf et M. Bassirou Bakhoum, ont été victimes d’un licenciement abusif, notifié le 19 mars 2015 par l’ancien directeur de publication, M. Pape Diogoye Faye.
– Le tribunal hors classe de Dakar a rendu deux jugements en leur faveur :
– Jugement nᵒ 907 du 30 novembre 2016, rendu par défaut et signifié à Direct-Info.
– Jugement nᵒ 1113 du 27 décembre 2017, confirmé en appel le 25 novembre 2019.
– En juin 2018, Direct-Info a versé une prime alimentaire conformément à l’une des décisions. Mais depuis, l’exécution complète des jugements est bloquée par l’attitude de M. Cheikh Amar, qui refuse même de recevoir la notification des conclusions du jugement en appel, entravant ainsi délibérément le processus judiciaire.
Ce refus d’exécuter des décisions de justice définitives constitue une atteinte grave à l’État de droit et à l’autorité judiciaire.
NOS EXIGENCES LÉGITIMES
Nous exigeons, de manière ferme et immédiate :
1. Le paiement intégral des salaires, primes et indemnités dus à l’ensemble des ex-travailleurs de Direct-Info.
2. L’exécution sans délai des décisions de justice rendues en faveur de nos camarades licenciés abusivement.
3. La transparence sur la situation juridique, sociale et financière du journal Direct-Info.
4. L’ouverture d’un dialogue structuré avec les représentants des ex-travailleurs, sous l’égide des organisations syndicales compétentes.
APPEL À LA SOLIDARITÉ SYNDICALE, CITOYENNE ET INTERNATIONALE
Nous appelons :
– LE SYNPICS, les centrales syndicales nationales (CNTS, CSA, UDTS, UNSAS, etc.) à se mobiliser pour faire respecter les droits des travailleurs.
– Les organisations internationales du travail (BIT, CSI, ITUC-AFRICA), les ONG de défense des droits humains, les médias et les citoyens engagés à relayer notre combat.
– Les autorités judiciaires et administratives à garantir l’exécution des décisions de justice et la protection des droits fondamentaux des travailleurs.
PERSPECTIVES D’ACTION
Faute de réponse diligente et de mesures concrètes, nous nous réservons le droit de :
– Saisir à nouveau les juridictions compétentes pour contraindre l’exécution des décisions.
– Engager des actions de mobilisation pacifique, médiatisée et soutenue pour faire entendre notre voix.
– Porter l’affaire devant les instances internationales du travail et des droits humains.
Nous ne demandons ni faveur ni privilège. Nous exigeons justice, dignité et réparation. Un État qui tolère la violation des droits des travailleurs compromet les fondements mêmes de la République et de la démocratie sociale.
Pour les ex-travailleurs de Direct-Info
La Coordination