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INTÉGRATION DU MAROC DANS L’ESPACE CEDEAO

La CCST s’inquiète et alerte les gouvernants

La Coalition des confédérations syndicales de travailleurs et travailleuses du Sénégal (Ccst) a tenu hier une conférence avec les représentants des médias pour alerter l’opinion nationale et internationale sur l’intégration qu’ils jugent prématurée du Maroc et de la Tunisie dans l’espace de la Cedeao. Selon eux sur le plan juridique et technique, les études n’ont encore été révélées pour leur intégration.

 

Le secrétaire général de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (Cnts), Lamine Fall, a fait savoir que l’intégration du Maroc et de la Tunisie au sein de la Cedeao est un risque de non compétitivité de nos entreprises en particulier et pour celles de l’espace de la Cedeao en général. « Raison pour laquelle les travailleurs s’inquiètent », a-t-il déclaré. Selon lui, l’économie marocaine est plus structurée que celle sénégalaise sur plusieurs plans, même s’il ne fait pas partie pour le moment de la Cedeao. Avant de se désoler : « Avec le tarif commun extérieur si le Maroc parvient à adhérer à l’espace Cedeao, nous sommes morts, parce qu’il va fabriquer ses produits dans son espace géographique et les ouvriers marocains auront du travail et après il va venir les vendre  dans le marché sénégalais et celui de la communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest de façon générale ». Une raison de plus pour M. Fall de déplorer la « posture incompréhensive adoptée par les chefs d’États lors du dernier sommet de la Cedeao ». Pour le secrétaire général de la Cnts, personne ne sait le pourquoi le Royaume chérifien veut intégrer la Cedeao d’autant plus qu’« il n’a de frontière commune avec un pays de la communauté ». Et le traité est très clair pour être membre de la communauté, il faut avoir une frontière commune avec un pays membre. « Un pays membre de la Cedeao que nous n’avons pas de frontière commune, on se pose la question de savoir », a-t-il alerté. Lamine Fall s’exprimait en marge de la conférence de presse tenue hier par la Coalition des confédérations syndicales de travailleurs et travailleuses du Sénégal (Ccst) pour alerter l’opinion nationale et internationale sur la venue du Maroc et de la Tunisie au sein de l’espace Cedeao, qui risque d’être compliquée pour les pays membres. Pour le coordonnateur de la Ccst, Pape Birama Diallo, non seulement les bouleversement juridiques et techniques que cela va engendrer dans le processus actuel, mais « il existe un gap énorme dans la mise en œuvre des critères de convergence en matière fiscale et monétaire, ainsi que la mise en application des d’harmonisation concernant l’énergie, l’agriculture et les télécommunications ». Selon lui, « il est aussi regrettable de constater dans la matérialisation de la vision 2020 de la Cedeao, le champ de la réflexion qui a été réduit pour ne pas permettre à une frange importante des acteurs économiques et sociaux concernés de contribuer positivement à la marche de notre communauté économique régionale ». « La question de l’entrée du Maroc à la Cedeao doit être rediscutée sur la base d’un agenda programmatique », a-t-il indiqué. Avant d’exhorter le gouvernement à dialoguer sur cette question et « ne pas regarder ses acteurs économiques en chien de faïence ».

 

Idrissa NIASSY

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