En marge de la cérémonie d’ouverture de la réunion du Comité de coordination internationale (CCI) du projet École et Langues Nationales (ELAN), tenue le vendredi 3 juillet 2026, M. Moustapha Mamba GUIRASSY, Ministre de l’Éducation nationale, Sénégal, affirme que les progrès accomplis dans le cadre du plurilinguisme éducatif démontrent que l’intégration des langues nationales comme langues de scolarisation constitue un levier majeur pour améliorer les performances scolaires.
M. Moustapha Mamba GUIRASSY, Ministre de l’Éducation nationale du Sénégal, souligne : « La rencontre qui nous réunit aujourd’hui intervient à un moment déterminant de l’histoire de nos systèmes éducatifs. Elle traduit une ambition commune : transformer l’école africaine afin de la rendre plus inclusive, plus performante et davantage enracinée dans les réalités socioculturelles de nos peuples. « Les progrès accomplis dans le cadre du plurilinguisme éducatif démontrent que l’intégration des langues nationales comme langues de scolarisation constitue un levier majeur pour améliorer les performances scolaires, réduire les inégalités et renforcer la pertinence des apprentissages ».

« Pour sa part, le Sénégal, avec l’accompagnement de partenaires de premier plan, parmi lesquels figure naturellement l’Institut de la Francophonie pour l’éducation et la formation, s’est engagé dans une vision profondément transformatrice. Cette ambition se traduit par la mise en œuvre du Modèle harmonisé d’enseignement bilingue au Sénégal (MOHEBS), qui prévoit une utilisation progressive et systématique des langues nationales comme langues de scolarisation dans notre système éducatif. Ce modèle constitue une réforme structurante et irréversible. Il repose sur une conviction forte : la langue n’est pas seulement un outil pédagogique ; elle est également un vecteur d’identité, de culture et un levier essentiel de souveraineté », dira-t-il.
Il poursuit : « À l’heure où nos sociétés sont profondément connectées au numérique, nous devons également préserver cette connexion humaine, sans laquelle aucun apprentissage durable n’est possible. Les langues nationales contribuent précisément à construire cette relation intime entre l’enfant et son environnement. C’est pourquoi je considère que notre ambition ne doit connaître aucune limite ».
Mme Mona LAROUSSI, directrice de l’Institut de la francophonie pour l’éducation et la formation de (l’IFEF), Organisation internationale de la Francophonie (OIF), affirme : « MONSIEUR le ministre, permettez-moi de reprendre un petit passage que vous avez récemment évoqué. Dans la plupart de nos pays, le ministre de l’Éducation, c’est le ministère de l’Éducation nationale, et ce n’est pas un détail administratif, c’est le signe que l’éducation est au cœur de tout, au cœur de la manière dont une nation se raconte, prépare son futur, donne à chaque enfant une place dans la communauté ».

Quant à Mme Camélia NTOUTOUME-LECLERCQ, ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale, de l’Instruction civique et de la Formation professionnelle du Gabon, elle avance : « Sous la très haute impulsion du Président de la République et conformément aux recommandations issues du dialogue national inclusif, le Gabon a fait le choix d’intégrer progressivement les langues nationales dans les curricula scolaires. Cette orientation stratégique traduit notre volonté de bâtir une école enracinée dans notre identité culturelle, ouverte sur le monde et capable de répondre aux défis du XXIᵉ siècle ».
Elle rajoute : « À cette fin, nous travaillons en étroite collaboration avec les enseignants-chercheurs de l’université Omar Bongo afin de structurer scientifiquement l’enseignement de nos langues nationales. Une vaste étude sociolinguistique est actuellement menée sur l’ensemble du territoire national afin de disposer des données nécessaires à la mise en œuvre efficace de cette réforme ».
Mme Caroline ST-HILAIRE, administratrice de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), représentante de la secrétaire générale de la Francophonie, souligne : « Cette réunion revêt une importance particulière à plusieurs égards. Elle marque d’abord l’achèvement de la troisième phase du programme ELAN. Elle nous offre également une occasion privilégiée de mener une réflexion collective sur les orientations du prochain cycle de ce projet. Le programme ELAN s’inscrit pleinement dans le cadre stratégique de la Francophonie 2023-2030, qui fait de l’éducation l’un des piliers d’un espace francophone plus inclusif, plus solidaire et plus durable ».