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INCLUSION FINANCIERE : « 1,4 milliard de personnes encore sans compte bancaire » selon la Banque mondiale

La Banque Mondiale, dans le Rapport Global Findex 2021, examinant les progrès de l’Inclusion Financière dans le monde, estime que 1,4 milliard de personnes encore sans compte bancaire.

  « À l’échelle mondiale, quelque 1,4 milliard d’adultes ne sont toujours pas « bancarisés ». Ces derniers sont particulièrement difficiles à atteindre, et il s’agit le plus souvent de femmes, de populations plus pauvres et moins instruites et d’habitants des zones rurales », souligne la Banque mondiale dans le document.  
  Et le document de poursuivre : « Si la clé pour favoriser leur inclusion financière réside dans la dématérialisation des versements de l’État et autres paiements, il faut aller beaucoup plus loin. Les pouvoirs publics, les employeurs privés et les prestataires de services financiers, y compris dans le secteur des fintechs, doivent collaborer pour améliorer les infrastructures physiques, de données et financières, et lever les obstacles qui entravent l’accès des populations non bancarisées ». 

« Pour parvenir à les atteindre, les pouvoirs publics et le secteur privé devront travailler main dans la main afin de mettre en place les politiques et les pratiques nécessaires pour garantir la confiance dans les prestataires de services financiers et dans l’utilisation des produits financiers, concevoir des produits adaptés et se doter d’un cadre solide et efficace pour protéger les consommateurs », explique Leora Klapper, économiste principale au sein de la vice-présidence Économie du développement de la Banque mondiale et auteur principal du rapport Global Findex. 

Toujours d’après la Banque mondiale : « En outre, malgré la progression continue des taux de possession d’un compte courant, seulement la moitié environ des adultes des économies en développement déclarent qu’ils seraient en mesure d’avoir accès à des fonds supplémentaires en 30 jours s’ils étaient confrontés à des dépenses imprévues. Et environ les deux tiers se disent très préoccupés par au moins un facteur de stress financier, qu’il s’agisse de s’acquitter des frais médicaux, de payer les frais de scolarité, de régler les factures mensuelles régulières, ou de sécuriser leur situation financière pour leurs vieux jours ».

« Findex nous montre que la numérisation des services financiers est en train de changer la donne, ce qui ouvre des perspectives très prometteuses pour les populations qui y ont accès et pour les équipes de la Banque qui travaillent sur ces questions. Mais il reste encore beaucoup à faire. Nous devons nous concentrer sur les pays qui sont à la traîne et redoubler d’efforts pour atteindre les personnes les plus vulnérables, notamment les femmes. C’est essentiel pour favoriser l’inclusion et accroître la résilience », analyse Jean Pesme, directeur mondial Finance au sein du pôle Finance, compétitivité et innovation de la Banque mondiale.

« Dans les pays en développement, 71 % des adultes sont aujourd’hui « bancarisés », contre 42 % il y a dix ans à l’échelle mondiale, ce taux est passé de 51 à 76 %. En outre, cette progression est plus générale qu’auparavant et concerne un plus grand nombre de pays. 

La plus forte croissance a été enregistrée dans l’utilisation des paiements dématérialisés, qui a bondi à la faveur des restrictions de déplacement liées à la COVID-19 et des réticences sanitaires entourant le maniement des espèces », souligne la Banque mondiale. 

Et le document de poursuivre : « Les deux tiers des adultes dans le monde ont désormais recours à des transactions numériques pour effectuer ou recevoir un paiement. Dans les pays en développement, et à l’exception de la Chine où les paiements digitaux étaient déjà très répandus, environ 40 % des personnes qui ont effectué un paiement par voie électronique à partir d’un compte courant (pour régler un achat ou une facture de services publics) l’ont fait pour la toute première fois lors de la pandémie ».  

Toujours d’après la Banque Mondiale, les paiements numériques sont généralement plus sûrs et plus pratiques, et ils peuvent constituer un point d’entrée vers l’utilisation d’autres services financiers. Et les données Findex montrent que, dans les pays en développement, les personnes recevant des versements sur un compte sont plus susceptibles d’utiliser des services financiers que la moyenne des adultes. 

« Dans les économies en développement, 36 % des adultes ont reçu un paiement sur un compte courant : salaires du secteur privé, salaires, pensions ou prestations sociales versés par l’État, produits de la vente de produits agricoles ou encore transferts de fonds nationaux », note la Banque Mondiale. 

36 %, 83 % ont également effectué un paiement numérique

« Et, sur ces 36 %, 83 % ont également effectué un paiement numérique, environ les deux tiers se sont servis de leur compte pour réaliser des opérations d’encaissement ou de décaissement, et quelque 40 % pour épargner ou emprunter de l’argent », note la Banque Mondiale. 

« La pandémie de COVID-19 a révélé le rôle essentiel que peut jouer l’infrastructure numérique pour fournir rapidement des services et des aides sociales à la population. Il est crucial d’étendre l’accès des populations pauvres aux services et aux opportunités en intégrant les systèmes d’identification numérique, de paiement dématérialisé et de partage de données fiables. Ce rapport souligne que pour de nombreux consommateurs des pays en développement, les solutions de paiements mobiles sont la porte d’entrée vers des services financiers innovants, il faut donc améliorer la couverture, l’accessibilité financière et la fiabilité des infrastructures numériques. » », souligne Christine Zhenwei Qiang, directrice mondiale du pôle Développement numérique à la Banque mondiale.

D’après  la Banque Mondiale, les données révèlent aussi une réduction de l’écart de taux de possession d’un compte entre les sexes, qui est passé de 9 à 6 points de pourcentage dans les pays en développement : aujourd’hui, 74 % des hommes possèdent un compte courant, contre 68 % des femmes.

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