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El Hadji Daouda Diagne, ingénieur en informatique, spécialiste en cybersécurité : « Le Sénégal ne dispose pas d’une structure de coordination du secteur de la cybersécurité »

L’organisation JONCTION, en partenariat avec Global Partner Digital (une ONG des droits de l’homme basée à Londres, travaillant sur cybersécurité), a organisé le jeudi 2 juin 2022 un atelier sur le thème : « la gouvernance multipartite de la cybersécurité : Levier pour renforcer la protection des droits de l’homme dans le cyberespace » notamment la politique relative aux données personnelles, à la liberté d’expression et à la vie privée. Selon le conférencier, M. El Hadji Daouda Diagne, ingénieur en informatique, spécialiste en cybersécurité, notre pays ne dispose pas d’une structure de coordination du secteur de la cybersécurité.

 Selon M. El Hadji Daouda Diagne, ingénieur en informatique, spécialiste en cybersécurité, directeur de Computech Institue : « La cybersécurité au Sénégal, on a essayé de déployer une stratégie nationale. L’Etat du Sénégal a initié à travers le ministère de l’économie numérique, une stratégie nationale de cybersécurité au Sénégal. Cette stratégie-là qui a été élaborée en 2017 devait couvrir 2017 à 2022. Où est-ce que nous en sommes au niveau de la Cybersécurité au Sénégal ? Comme toute démarche se base sur une stratégie, une politique, on en a une, c’est la stratégie nationale malheureusement qui n’a pas été accompagnée par une politique de mise en œuvre. Il est temps pour que cette stratégie soit revisitée et qu’on fasse l’évaluation ».

Selon M. Diagne, dans la stratégie nationale de cybersécurité, il était prévu de mettre en place une structure de type agence qui allait s’occuper de toutes les questions de cybersécurité au Sénégal aussi bien les questions techniques, politiques et administratives et jusqu’à présent de manière officielle, le Sénégal ne dispose pas encore de cette structure-là de coordination du secteur de la cybersécurité, structure sur laquelle devait s’appuyer les structures techniques parce qu’aujourd’hui.

« Je donne juste un exemple, s’il y a incident de cybersécurité au Sénégal, quelle est la structure technique qui sera en charge d’adresser cet incident-là, on n’en pas. Il faut la gouvernance de la cybersécurité, mettre en place ces structures-là de manière inclusive pour que le secteur de la cybersécurité soit pris dans sa propre valeur au niveau du pays », renchérit M. Diagne.

D’après le conférencier, on est exposé aux menaces comme tout autre pays, comme tout autre Etat. Il estime que les structures qui existent au Sénégal ne sont pas à l’abri des menaces d’attaques Cybersécurité criminelles qui sont en train de se proliférer au niveau mondial.

« Nous sommes très vulnérables et nous restons toujours très vulnérables tant que nous ne nous prenons pas les choses en main pour que vraiment la cybersécurité des citoyens du Sénégal en général soit pris au sérieux parce qu’aujourd’hui quand on se désole de la non mise en œuvre effective du plan stratégique national de cybersécurité, cela veut dire qu’il y a un problème », dixit M. Diagne.

Le conférencier suggère deux choses essentielles : « la première, c’est revisiter la stratégie nationale, l’évaluer, c’est important et c’est le moment de le faire pour rebondir parce que quand on a fait l’étude de la mise en œuvre de cette stratégie-là, on s’est rendu compte que plusieurs objectifs qui ont été retenus au sein de cette stratégie-là, n’ont pas été atteints. Déjà, on peut même parler d’une mise en œuvre qui a été défaillante. Deuxièmement, je crois qu’il est impératif de refaire l’étude de la maturité de la cybersécurité du pays, ça, c’est important, c’est même le point crucial qu’il faut faire. Quel est le niveau de la maturité de la cybersécurité ? Est-ce que le Sénégal est préparé à faire face réellement et de manière efficace et efficiente aux menaces cyber- criminelles qui sont en train proliférer dans le monde ».

« L’évolution des technologies de l’information et de la communication est devenue aujourd’hui une réalité au Sénégal confortée par la multiplicité d’offres autour du haut débit, l’amélioration de la qualité des infrastructures, des services et la réduction des coûts. Etant conscient de ces atouts, le Sénégal a élaboré et adopté sa stratégie nationale de transformation en une société numérique « Sénégal numérique 2025 » (SN2025). Dans cette optique, la SN2025 s’appuie sur trois prérequis : le cadre juridique et institutionnel ; le capital humain et la confiance numérique. A cet effet, pour réaliser un cadre institutionnel performant et pertinent, portant adhésion de tous les segments représentatifs de la société, il est important que tous les acteurs de l’écosystème internet soient associés », précise la note conceptuelle de l’atelier.

Toujours d’après la source, la mise en place d’une gouvernance multipartite de la cybersécurité est fondamentale pour la réalisation d’un cadre institutionnel inclusif n’excluant aucune des parties prenantes. Et cela favorisera le renforcement de la protection des droits de l’homme, notamment la politique relative aux données personnelles, à la liberté d’expression et à la vie privée.

Rappelons que les cinq objectifs stratégiques sont les suivants : Renforcer le cadre juridique et institutionnel de la cybersécurité au Sénégal ; Protéger les infrastructures d’information critiques (IIC) et les systèmes d’information de l’Etat du Sénégal ; Promouvoir une culture de la cybersécurité au Sénégal ; Renforcer les capacités et les connaissances techniques en cybersécurité dans tous les secteurs ; Participer aux efforts régionaux et internationaux de cybersécurité.

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