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Dr NDONG SAMBA SYLLA SUR LE FRANC CFA : « Une monnaie piège qui ne permet pas le développement »

Le débat sur le Franc CFA continue de susciter des interrogations, même si d’aucuns pensent qu’il est la bienvenue pour les économies des pays qui partagent son espace. Pour d’autres c’est la catastrophe du fait que la monnaie a été créée depuis la période coloniale. Est-il devenu une monnaie piège ? ON en saura plus.

Le Franc CFA, qui est une monnaie créée depuis la période coloniale, continue jusque là de fonctionner avec les principes de cette époque. Ce qui dérange certains économistes de cet espace monétaire. Comme c’est le cas de Dr Ndongo Samba Sylla, économiste-développement, chargé de programme et de recherche à la Fondation Rosa Luxembourg, qui considère que « le Franc CFA n’est pas une monnaie de développement ».

Selon lui, « nous devons essayer autre chose que le Franc CFA ». Il fait savoir que ce sont les pays africains qui décident les politiques monétaires, d’échange qui permettent le développement économique, c’est-à-dire la croissance, la production, la diversification et l’emploi. « Si vous n’avez pas tous ces atouts c’est sûr que vous n’allez pas trop loin. Il faudrait réfléchir à la manière dont nous pouvons sortir de ce piège qui est le Franc CFA », dira-t-il. Il est composé, d’après lui, de deux problèmes.

« Un il n’est pas une monnaie africaine. Il est sous une double tutelle française et européenne. Et deux, il ne permet pas le développement », explique le chargé de programme et de recherche à la Fondation Rosa Luxembourg. Pour ce dernier, ce qu’il faut savoir nous autres, la France ne garanti plus le Franc CFA depuis la dévaluation. Car, selon un rapport de Standard and Post, qui a publié une note d’analyse sur le Franc CFA a démontré que depuis la dévaluation, le trésor français n’a pas donné d’avances à nos Banques centrales.

Cela veut dire que les règles et échanges accumulés par les Africains suffisent à garantir le Franc CFA. « Si on part de là, tout le monde devait accepter que la France sorte du système principal du moment qu’elle ne garanti pas la convertibilité de cette monnaie », a-t-il affirmé. Dr Ndongo Samba Sylla était invité hier à débattre sur ce sujet du Franc CFA, dans le cadre d’une formation de renforcement de capacités des jeunes sur le leadership organisé par la Fondation Rosa Luxembourg en partenariat avec le Conseil national de la jeunesse du Sénégal (Cnjs). Revenant sur la monnaie Cedeao que les gens parlent, Dr Ndongo Samba Sylla de faire comprendre qu’elle n’est pas une alternative au Franc CFA, « c’est un nouveau Franc CFA, mais entre Africains ».

« Ce qu’il faudrait ce n’est pas une monnaie unique Cedeao, mais une monnaie commune. C’est-à-dire on devait avoir une devise panafricaine qui servirait aux transactions internes à l’Afrique, ainsi qu’à l’Afrique et le reste du monde. Cette devise pourrait être garantie par une partie des réserves et changes des pays africains membres de cette monnaie commune ». Selon lui toujours, ces pays pouvaient avoir leur monnaie nationale ou se retrouver dans certaines bloques afin de créer l’équilibre. Pour lui, si cela ne se passe pas ainsi, « la monnaie unique risquerait de créer les mêmes inconvénients » que le Franc CFA.

« Il faudrait que nous prenions notre temps par rapport à l’intégration monétaire, commerciale et autre. Mais, en même temps, il est urgent que nous sortions du système Franc CFA, surtout en Afrique Centrale où le « spaghetti » étouffe les pays qui la partagent. Ce qui devient une catastrophe », a-t-il réitéré. Avant d’insister : « Il est urgent de sortir du Franc CFA ». Actuellement la population des pays qui partagent l’espace du Franc CFA est plus nombreuse que celle de la France. « A la fin de ce siècle nous serons 800 millions et la France 70 millions. Ce qui n’est plus possible, ni logique pour la France de garantir la monnaie des pays qui font plus de 12 fois son nombre de population », a-t-il conclu.

Idrissa NIASSY

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