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DR AMADOU BA SUR LA VENUE DU BATEAU MERCY SHIPS : « C’est un échec de notre politique de santé »

La venue au Sénégal du navire hôpital « Mercy Ships » démontre un peu plus la faiblesse de notre système sanitaire, au-delà de l’insuffisance des moyens matériels, humains et financiers. Pour certains spécialistes du milieu de la santé, cette  arrivée peut être considérée comme un échec de la politique de santé du pays.

La présence du navire hôpital dans les eaux sénégalaises n’a pas fait que des heureux au Sénégal. Selon certains spécialistes à l’image de Dr Amadou Ba, administrateur hospitalier et planificateur de formation, elle est un revers pour le système sanitaire du pays. « La présence du bateau hôpital dans nos eaux est un échec de notre politique de santé », a-t-il déclaré. Selon lui, sa présence démontre qu’il n’existe pas de spécialistes en chirurgie dans ce pays, alors que la Faculté de médecines de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad), l’une des plus anciennes en Afrique forment chaque année plus de 150 spécialistes de domaines différents. Ce dernier s’exprimait en marge de la tenue du panel sur « La politique de santé du Sénégal » organisé par la Coalition nationale pour la santé et l’action sociale (Cosas). Il a profité de cette occasion pour révéler d’autres indicateurs d’échec qui minent notre politique de santé, comme la présence massive et de manière dispersée des tradipraticiens, la vente illicite de médicaments et l’arnaque du système hospitalier au Sénégal malgré la réforme de 1998. « Cet arnaque a affecté ce qu’on appelle le système de référence contre référence, où nous avons dix (10) hôpitaux de niveau 1 à la suite de ladite réforme de 1998 au Sénégal, 11 de niveau 3 dont un à l’intérieur du pays qui n’est pas fonctionnel, parce que l’hôpital de niveau est un CHU », a expliqué Dr Amadou Ba. Cet hôpital se trouve à Touba qui dispose à part cet hôpital d’un autre de niveau 1 en moins de 1 Km.  Ce qu’il considère comme une « incohérence » de nos politiques. Il a par ailleurs interpelé les autorités étatiques à éviter de faire du sur place. « On ne régresse pas et  on ne progresse pas non plus dans ce pays. Donc, nous devons éviter de faire du sur place et du pilotage à vie », a déploré l’administrateur hospitalier, tout en faisant savoir pour une bonne politique de santé, « il faut des orientation, des indicateurs, des suivis et des évaluations afin d’avoir un système de santé solide efficace et bien géré ». Le Sénégal disposant d’une politique de santé obsolète (datant de 1989), ne fait qu’élaborer des plans qui prennent énormément de temps. Une occasion saisie par le Pr Issakha Diallo pour plaider pour la mise en place d’un nouveau programme de politique de santé qui va regrouper tous les plans et programmes déjà élaborés. Ce qui est l’objet de ce panel tenu au WARC. « Cette nouvelle politique permettra d’apporter une solution durable aux problèmes de santé auxquels sont confrontées les populations », a-t-il fait savoir. Selon lui, il est nécessaire de définir la politique de santé dans un document national, en respectant les quatre piliers essentiels que sont : L’analyse de la situation sanitaire qui doit être pluridisciplinaire, la définition des priorités en tenant compte du contexte de rareté des ressources, en passant par la définition des conditions de mise en œuvre de la politique de santé, jusqu’à la définition des instruments de la politique, des sources et mécanismes de financement de la politique de santé et des procédures de révision de la politique de santé.Idrissa NIASSY

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