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En concert à l’Ucad : Omar Pène régale les étudiants avant la fermeture du campus social

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Le Centre des œuvres universitaires de Dakar fermait samedi dernier les portes du campus social de l’Ucad pour une durée de deux mois. A la veille, le Coud a offert un grand concert animé par Omar Pène. Une manière de dire au revoir aux étudiants et de leur souhaiter de bonnes vacances après une année académique tumultueuse.

A 01 heure, le podium paré pour Omar Pène depuis 21 heures tarde à voir l’ombre de la vedette. Sur le parquet en bitume du terrain de basket de l’Ucad, les musiciens testent la sonorisation en maniant les instruments et le staff veille aux derniers réglages techniques. Les rappeurs préposés pour réchauffer le siège peinent à tenir la dragée. Certains malins chez les étudiants se permettent quelques huées. Les subtils rappels à l’ordre du Mc n’y feront rien, et lui-même reçoit quelques quolibets. Certains préfèrent rester en dehors du périmètre pour discuter, fumer ou boire du café.

A 01h 30, l’orchestre monte sur scène et la chauffe avec une reprise reggae du morceau Soweto, en attendant le lead vocal. Les notes attirent le public et extirpent les résidents du Pavillon A, qui se précipitent sur les allées pour avoir une bonne vue depuis les balcons du bâtiment. Quelques minutes après, Omar Pène débarque sur l’estrade dans sa nonchalance habituelle, sous les hourras des étudiants excités. Par la chanson en hommage à Nelson Mandela, l’artiste répand sa voix symphonique et lénitive. Avec une mine joyeuse dévoilant sa pleine énergie, Baye Pène, comme l’appellent ses fans, dément les appréhensions d’un jeune homme qui s’inquiétait tantôt de son état de santé.

Les étudiants ne contiennent plus leur délire et montrent tout le plaisir de retrouver celui qui les appelle affectueusement « camarades ». Sous l’un des paniers de basket, huit étudiants forment leur groupe. Taquins et délirants, ils se balancent et se trémoussent tels des inconscients.

Le concert prend un autre tournant quand le chanteur, fidèle à sa ligne, laisse son orchestre dérouler sur une reprise en slow du titre « Tiki Tiki ». C’est l’occasion pour la « Quatrième génération » du Super Diamono, composée que de jeunes musiciens que le maestro présente avec fierté, d’exposer avec brio tout leur talent. Et à ce jeu magistral, le percussionniste capitalise plus de sympathie. Son sabar enflamme le public qui lui répond par des ovations nourries et des chorégraphies de haut vol. Une vendeuse d’eau emmitouflée d’une camisole verte, un seau sur la tête, en oublie un moment sa marchandise. Se déchargeant précipitamment de son récipient, elle tient subtilement le bout de son pagne et tournoie astucieusement son bassin au grand plaisir des bonhommes derrière elle.
Et l’effervescence du moment s’accentuera quand le mbalax se substitue au soul avec le son « Di la bëgge ». Les étudiants se déchaînent. Sur le sol comme aux balcons du pavillon A, les étudiants laissent parler leur allégresse et leur agilité. L’un d’eux, dans son euphorie et après quelques pivots, crie « Pène do nitt ».

Abnégation d’étudiant
Mais le clou du spectacle, comme à chaque édition, se pointera avec le morceau fétiche « Etudiants ». A l’intonation de cet opus où Pène loue le courage et l’abnégation de l’étudiant, c’est l’extase dans la foule. Un trio d’hommes, dont on soupçonne qu’ils ne soient plus étudiants, se distinguent particulièrement du lot. L’un dévêtit sa chemise, la lance et fait mine d’entrer en transe. Son camarade, Amadou Bèye, enlace leur acolyte et pousse un cri aigu, avant de se saisir d’un sachet d’eau du plateau d’une vendeuse pour se le doucher. Il se baissera quelques instants après pour reprendre sa cigarette tombée dans sa liesse.

« J’ai quitté l’Université depuis 2004 et je suis fonctionnaire maintenant. Mais pour rien au monde je ne raterai ce rendez-vous, et c’est particulièrement pour ce son qui me rappelle mes trimes d’étudiant. C’est également l’occasion de revoir mes anciens camarades », confesse A. Bèye, pressé de retourner sur la piste.

La soirée continue dans ce rythme cadencé et cette ambiance bon enfant, avec un Omar Pène très en verve et d’un humour insolite, servant quelquefois des couplets aguichants. Cela pour le bonheur des étudiants qui ont le plaisir de retrouver leur « Papa » et de quitter le campus social le temps des grandes vacances, dans des notes harmonieuses. Les vendeuses d’eau se sont également bien frotté les mains. Tout à fait derrière, ou dans les couloirs d’entrée du Pavillon A, de jeunes tourtereaux ont trouvé le temps de s’amouracher. Peut-être là une manière de se dire au revoir.

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