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Affaire Dieyna : cette histoire n’est pas une affaire koldoise plutôt celle de toute une nation

« Tous les lobbies de ce pays se sont mobilisés contre une gamine » a déploré Maitre Clédor Ly, avocat de la fillette Dieynaba Baldé. De tels propos ne peuvent pas laisser indifférent un homme épris de justice. Cette histoire n’est pas une affaire koldoise mais celle de toute la nation Sénégalaise. Pourtant, Honoré Balzac enseigne que « les lois sont des toiles d’araignées à travers lesquelles passent les grandes mouches et où restent les petites ». Autrement dit, seuls les faibles sont sanctionnés par les juges. Au Sénégal, malgré les critiques, la justice sénégalaise a pris et a mis derrière les barreaux des personnalités très influentes. Les affaires Cheikh Yérim Seck, Thione Seck et Cheikh Béthio Thioune en sont les plus illustres exemples. Pourquoi Mamadou Diop serait-il un intouchable ? Est-il plus influent que ces personnalités susmentionnées ?
Dans cette affaire, le PDG de l’ISEG ne peut être que coupable. En effet, Monsieur Diop a trouvé une fillette qui vivait et suivait paisiblement ses études dans son Fouladou natal ; il a vendu son statut et sa bonne foi aux parents de cette gamine pour l’aider à éclore son talent d’artiste tout en poursuivant ses brillantes études. La famille Dieyna a accepté que la fillette vienne à Dakar pour habiter près de sa grande sœur. Ce même PDG revient encore pour demander à cette même grande sœur de chercher un appartement pour Dieyna, histoire d’étudier et de faire convenablement ses répétitions musicales. La grande sœur fait une concession, et la fille va loger dans un appartement loué par M. Diop. Dans une telle situation, même si Dieyna était engrossée par un quelconque individu, la responsabilité de M. Diop serait engagée à 200%.
Aujourd’hui, pourquoi la question de la minorité ou de de la majorité de la fille est posée ? Cherche-t-on à sauver la peau d’un grand homme ? Depuis quand, dans ce pays, l’âge et la légalité d’un individu ou de son extrait sont-ils remis en cause ? Dans cette histoire, l’âge de la victime n’a pas de sens. Même si la fillette avait 50 ans, l’ascendance psychologique d’un homme bienfaiteur nanti et fort serait incontestablement pesant. C’est un abus de faiblesse qu’a subi Dieynaba Baldé. En abusant la confiance de la famille de cette fillette, M. Diop brise ses études, brise sa carrière et piétine sa dignité. Au regard de cela, le PDG d’ISEG est coupable devant le tribunal moral, car il a manqué à sa responsabilité de protéger une innocente qui vivait sous les ailes protectrices de ses parents à Kolda. Il faut que l’opinion publique apprenne et comprenne que Dieyna n’est pas un enfant de la rue. Ses parents lui ont donné une éducation digne de ce nom jusqu’à sa rencontre avec le PDG d’ISEG qui a ouvert sa boite de pandore et provoqué sa chute aux enfers.

Abdoulaye Seydi, Inspecteur de la Jeunesse en service au Ministère de la Jeunesse.

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