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AFFAIRE CITÉ TABAGO : Les victimes préparent une marche

Le calvaire des 336 personnes victimes de la Cité Tabago n’en finit pas. Ils réclament toujours les terrains que leur avait promis le chef de l’État Macky Sall. Ainsi, pour mettre définitivement un terme à cette affaire, ils ont décidé d’organiser une marche, tout en continuant à mettre la pression à l’État du Sénégal.

Les victimes de la Cité Tabago n’en peuvent  plus. Après toutes les promesses non tenues du président de la République de les octroyer des terrains de recasement à Ngor et à Yoff (6 ha et 5 ha), ils ont décidé à mettre fin à cette affaire qui a trop duré pour l’obtention définitive de leurs parcelles. En conférence de presse ce samedi, elles ont arrêté à l’unanimité de faire une marche. « Soit on ait des terrains ou on ne l’ait pas. On ne peut pas comprendre qu’on est attributaire de parcelles, avec nos baux, qu’on paye des redevances depuis deux ans de suite, l’État encaisse des centaines de millions de Francs CFA et qu’on n’ait pas de terrains », a martelé Youssoupha Niang, président de la commission des stratégies des victimes de la Cité Tabago. Selon lui, « ce jeu » doit arrêter. « Soit le chef de l’État décante la situation ou il ne la décante pas et on sache ce qu’on va faire.  On n’en peut plus. Ce que nous voulons qu’on nous donne des terrains », s’est-il indigné. Avant de corser le ton : « Maintenant, on va tous les jours convoquer la presse et dénoncer cet acte ignoble, parce que depuis que le président de la République nous a attribué des terrains, on ne peut y mettre la main. À part la marche, d’autres stratégies seront mises en place. On ne va pas s’arrêter. Tous les jours, il y aura des plans d’action. Et on va les mener du jour au jour. Nous avons décidé cette fois-ci de prendre cette affaire en main et de ne plus céder. Comme l’État n’aime que la pression, nous allons y mettre la pression et nous n’allons plus arrêter. La guerre est déclenchée chaque samedi nous allons appeler la presse et nous allons les mettre la pression jusqu’au bout ». Parmi les 336 personnes victimes de la Cité Tabago dont la plupart une centaine était des constructions presque finies, les propriétaires sont aujourd’hui dans la galère totale. « Ils dépriment », a alerté le porte-parole du jour. « Parmi nous, il y a quatre (4) ou cinq (5) morts. Il y a qui sont AVC total. Il y a aussi d’autres vieux qui sont devenus aveugles et d’autres se sont appauvris totalement, en continuant à payer des dettes pour des maisons qu’ils n’ont pas. C’est gravissime », rétorque-t-il.  Ainsi, les victimes de la Cité Tabago voient dans cette affaire à laquelle le chef de l’État leur avait octroyé des attributions depuis 2015, avec des baux à la main, comme une forme d’arnaque. Parce que dit le président de la commission des stratégies des victimes de Tabago, « les terrains sont assurés par des militaires » sous prétexte que le chef de l’État leur a confié ces dits terrains.

Revenant sur les indemnités proposées par le chef de l’État variant entre 10 et 20 millions F CFA selon le niveau de démolition, ce dernier d’affirmer que c’est de l’illusion. « Pour les indemnités proposées par le chef de l’État, il ne faut pas se leurrer. Je n’y crois pas du tout », a conclu Youssoupha Niang.

Idrissa NIASSY

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